L’expert de l’IA chez Meta déclare : « Les modèles d’IA open source, l’ultime rempart contre la mainmise d’un petit groupe d’entreprises sur le secteur ! Et un fervent adversaire de la réglementation. »

L’ouverture des modèles d’IA open source : un enjeu crucial pour empêcher la mainmise d’un petit groupe d’entreprises

L’intelligence artificielle (IA) est devenue un domaine d’une importance capitale dans le monde d’aujourd’hui. Les applications de l’IA se multiplient dans tous les secteurs de la société, de la santé à l’économie en passant par l’éducation. Face à cette évolution rapide, une question fondamentale se pose : quel est le véritable risque pour l’avenir de l’IA, la réglementation ou l’ouverture ?

Cette question divise la communauté de l’IA, et les opinions sont contrastées. Pour Yann LeCun, chercheur français en IA et responsable de l’IA chez Meta, la question de l’ouverture est primordiale. Selon lui, l’ouverture des plateformes d’IA est le seul moyen d’assurer que les connaissances et la culture humaines soient pleinement prises en compte dans le développement de l’IA. Il met en garde contre une réglementation prématurée de l’IA, qui risquerait de laisser un petit groupe d’entreprises prendre le contrôle du secteur. Selon lui, il s’agit du scénario le plus dangereux imaginable.

Dans un message publié récemment sur un réseau social, Yann LeCun a critiqué les leaders de la recherche en IA qui plaident en faveur d’une réglementation de l’IA. Il accuse ces personnalités d’alimenter une atmosphère dystopique autour de l’IA et de s’opposer aux modèles d’IA open source. Il vise en particulier les pionniers de l’IA, les chercheurs Geoff Hinton et Yoshua Bengio, ainsi que Sam Altman et Stuart Russell. Selon Yann LeCun, la majorité de la communauté universitaire soutient la recherche et le développement ouverts en matière d’IA, à l’exception notable de ces pionniers.

Il affirme que leur « alarmisme » fournit des arguments aux groupes de défense des entreprises et les accuse de vouloir réglementer le secteur de l’IA pour en tirer profit sous prétexte de sécurité. Pour Yann LeCun, le véritable désastre serait que quelques entreprises prennent le contrôle de l’IA, car cela mettrait en péril la démocratie et la diversité culturelle.

Le chercheur défend une IA ouverte et sûre, qui peut être contrôlée par des garde-fous et des objectifs centrés sur les valeurs humaines. Il affirme que les inquiétudes à propos des modèles d’IA actuels, et en particulier des grands modèles de langage, sont exagérées. Il propose de combiner la créativité humaine, la démocratie, les forces du marché et la réglementation pour favoriser le développement de l’IA.

Cependant, le soutien de Yann LeCun aux modèles d’IA open source est vivement critiqué. Certains affirment que les modèles d’IA publiés par Meta, l’entreprise pour laquelle travaille Yann LeCun, ne sont pas réellement open source. En effet, bien que Meta ait publié certains modèles d’IA de manière relativement ouverte, il existe encore des restrictions quant à leur utilisation.

Pour les critiques, l’affirmation de Meta selon laquelle ses modèles d’IA sont open source est trompeuse. Selon eux, pour qu’un projet soit véritablement open source, il doit répondre à certaines exigences, notamment en permettant la redistribution gratuite et en autorisant les modifications. Or, les modèles d’IA de Meta sont soumis à des licences limitant leur utilisation.

Joelle Pineau, vice-présidente de Meta en charge de la recherche en IA, est consciente de ces limites. Elle affirme qu’il s’agit d’un équilibre nécessaire entre les avantages du partage d’informations et les coûts potentiels pour l’entreprise. Meta a cependant initié de grandes initiatives open source, notamment avec le langage de codage PyTorch utilisé pour les modèles d’IA génératifs.

L’ouverture des plateformes d’IA est donc un enjeu central pour l’avenir de ce secteur. La question de l’ouverture versus la réglementation divise la communauté de l’IA, mais l’opinion de Yann LeCun est claire : seul un modèle d’IA ouvert et sûr, combinant la créativité humaine, la démocratie, les forces du marché et la réglementation, peut garantir un développement optimal de l’IA au service de tous.

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