La révolution de l’IA : les clés pour surpasser les GAFA et devenir leader mondial

La Commission de l’IA publie une liste de recommandations pour faire du pays un champion mondial en la matière, les six axes majeurs d’action peuvent-ils permettre de détrôner les GAFA ?

La Commission interministérielle de l’intelligence artificielle vient de publier une liste de recommandations pour faire de la France un champion en la matière à l’échelle mondiale. C’est une sorte de répétition après l’annonce, par Emmanuel Macron, d’un investissement de 500 millions d’euros visant à faire de la France un centre européen de l’intelligence artificielle ou encore après celle de la disponibilité d’une enveloppe de 2 milliards d’euros pour la formation d’un un plus grand nombre de talents en intelligence artificielle. Les initiatives se multiplient et posent la question de savoir quelles sont les raisons pour lesquelles l’Europe et la France continuent d’être à la traîne des entreprises américaines dans ce secteur d’activité. Les nouvelles lignes d’action proposées par la Commission IA suffiront-elles à changer la donne ?Voici les six grands axes d’action proposés par la Commission française de l’intelligence artificielleLancer immédiatement un plan national de sensibilisation et de formation : animer des débats publics continus sur les impacts économiques et sociaux de l’IA au plus près des lieux du quotidien, structurer l’offre de formation dans l’enseignement supérieur, massifier la formation continue aux outils dIA, intégrer l’IA comme objet et outil de dialogue social ;réorienter structurellement l’épargne vers l’innovation et créer, à court terme, un fonds France & IA de 10 milliards, pour financer l’émergence de l’écosystème IA et la transformation du tissu économique français ;faire de la France un pôle majeur de la puissance de calcul : sécurisation de l’approvisionnement collectif à l’échelle nationale et européenne, appel à projets pour la création de centres de calcul avec garantie publique d’usage et simplification des procédures, crédit d’impôt IA pour la formation de modèles ;faciliter l’accès aux données : en matière de données personnelles, modernisation du mandat de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et de son bureau, suppression de certaines procédures d’autorisation préalable pour l’accès aux données de santé et réduction des délais de réponse ; en matière culturelle, mise en place de l’infrastructure technique favorisant la formation de modèles d’IA dans le respect des droits de propriété intellectuelle ;assumer le principe d’une exception IA dans la recherche publique : libération des chercheurs des contraintes administratives, augmentation de leur rémunération, doublement des moyens pour la recherche publique spécialisée en IA ;promouvoir la gouvernance mondiale de l’IA : création d’une Organisation mondiale de l’IA pour évaluer et superviser les systèmes d’IA, d’un Fonds international pour l’IA au service de l’intérêt général et d’un mécanisme de solidarité 1% IA pour les pays en développement.

L’enseignement supérieur français forme des ingénieurs et des chercheurs d’excellence en intelligence artificielle, comme le souligne le rapport. C’est de pouvoir les retenir en France qui constitue l’un des enjeux majeurs quand on sait que la Silicon Valley est l’un des eldorados des travailleurs du secteur informatique. Les entreprises américaines offrent des salaires allant jusqu’à 865 000 dollars par an aux chercheurs en intelligence artificielle. Déjà, il faut savoir que la France est dans le Top 4 mondial pour la production d’articles en matière de recherche sur l’IA. Nous avons donc clairement un bon statut mondial par rapport à cela ; ce qui est un atout. Or, pour se positionner plus fortement à l’échelle internationale dans l’écosystème de l’IA, notamment face aux GAFA, il reste une problématique assez récurrente : la formation. Déjà, la base est de former davantage de chercheurs et d’ingénieurs, mais aussi de former notre société, c’est-à-dire dès le plus jeune âge, dès le collège, le lycée.

J’ai vu que France IA a écrit des lignes concernant la notion de formation, mais il est évident que si notre société ne suit pas et est en retard sur les notions d’intelligence artificielle ou les notions de numérique, c’est tout. un pays qui ne suivra pas, une économie entière qui ne suivra pas. Il est donc essentiel de former notre société. Mais nous avons également besoin de plus de chercheurs et d’ingénieurs en IA, car ce sont eux qui vont concevoir et créer de nouvelles choses.

L’autre point, qui est assez problématique, c’est la fuite de nos cerveaux. Il faut savoir que les chercheurs gagnent quatre fois plus aux Etats-Unis qu’en France. Donc, cela me semble inévitable, il y aura une fuite des cerveaux, à moins de réévaluer les salaires de nos chercheurs par rapport à cela », résume le co-fondateur de l’école de code La capsule dans une interview. Les montants investis dans l’IA aux États-Unis sont désormais 20 fois supérieurs à ceux investis en France. A richesse comparable, nous investissons environ trois à quatre fois moins que les Américains et l’écart risque de se creuser. À moyen terme, une augmentation structurelle de l’allocation de l’épargne à l’innovation est essentielle. Des actions volontaristes doivent être menées rapidement en ce sens, par exemple en matière de fiscalité de l’assurance-vie, afin de disposer d’ici quelques années d’une capacité de financement significativement accrue, souligne le rapport de la Commission française de l’intelligence artificielle.

En 2023, de grandes entreprises technologiques ont pris l’initiative d’investir massivement dans les start-ups d’intelligence artificielle (IA), dépassant ainsi les sociétés de capital-risque traditionnelles de la Silicon Valley. Ces géants ont conclu des deals spectaculaires, représentant les deux tiers des 27 milliards de dollars investis dans les startups de l’IA en 2023. L’essor de l’IA générative, capable de produire rapidement des contenus similaires à ceux créés par les humains, a attiré des investissements considérables, notamment suite au lancement de ChatGPT d’OpenAI en novembre 2022. A court terme, nous proposons la création d’un fonds d’investissement France & IA. Le fonds mobilisera 10 milliards de capitaux d’investissement des entreprises et de soutien public, selon plusieurs modalités d’intervention, pour faire naître l’écosystème de l’IA et accélérer la transformation du tissu économique grâce à l’IA. Outre des moyens financiers, le fonds s’accompagnera de la mutualisation des données d’activité pour mener à bien certains projets numériques. Une telle ampleur de moyens et un tandem financement-données sont inédits en France. Face au risque de déclassement économique, l’audace passera par l’émergence de solutions innovantes performantes et l’accélération de la modernisation des entreprises françaises, propose la Commission.

Source : Rapport Et toi ? Est-il encore possible que l’Europe et la France rattrapent les USA en matière d’intelligence artificielle ? Si oui, dans quelles conditions ?

Invention d’une phrase par le modèle GPT-3 : « La France se prépare à devenir un leader mondial dans le domaine de l’intelligence artificielle grâce à un plan ambitieux de formation et d’investissement. »

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